Lent supplice quotidien

Temps dilapidé. Energie morte. Merci au joyeux monde du travail.

Publicités

Tristes lendemains…

On considère que ceux qui ne gagnent pas d’argent ne travaillent pas bien, ne font pas d’efforts, sont responsables et des parasites. C’est ne pas comprendre ou nier que le travail est de base une aberration. Il ne s’agit pas de l’effort. J’ai fait tous les boulots merdiques, btp, usine, domestications à rallonge, & produits toxiques, harcèlements, en gagnant que dal. Je connais le prix de l’effort. Et je vois ceux qui sont dans les verticalités, cet esprit là se déplacer en Uber quand toi tu n’hésites pas à te flinguer les shoes sur le macadam, les mêmes avec les assistants et domestiques de maison à engueuler si besoin pour faire ce qu’ils se débarrassent. On est où là ?! Le fascisme n’est pas autre, à conspuer qui se tape les taches ingrates, quand toi tu cherches ta consécration, à se sentir civilisé, de cela justement, cette propension à s’extraire des difficultés, et rythmer sa vie au dessus des autres. A penser qu’on est intelligent, pas comme tout ce peuple qui grouille, pue et finira dans le trou. Elle est là l’arrogance assumée, du capitalisme, totalement décomplexée, à faire violence et retourner les causes, le sens, la morale. Etonnez vous qu’ils crèvent en face à s’entendre dire qu’ils ne foutent rien quand ils ont effectivement pas géré pour dominer. Mais vous en êtes si fiers de ce pouvoir, à vous palabrer d’orgasmes hype, à voyager en première, l’exclusivité pour codes des liens sociaux. Parfois on se la joue même : « j’ai des amis pauvres » ou « j’ai aidé untel » ou encore « dans ma jeunesse j’étais dans des squats ». Toujours est-il que le pauvre mérite à terme votre regard et soutien que s’il en fait ce que vous représentez, et non à rester hors des schémas d’exploitation. Sinon c’est que vous êtes un looser évidemment ! Tout est résumé là, oublié le dos cassé, les frais pour quantité de choses, les gestes et engagements réalisés au quotidien durant des années, toutes les servilités qu’on a du se taper. A ne plus voir que cela de son temps, y être enfermé. Mais non, définitivement l’essentiel : on est raté, dans l’abus magistral de ne faire rien qui ne soit de l’ordre de la réussite vis à vis des hiérarchies en place, si ce n’est temporairement donc invisible. On existe pas, on ne sert à rien, on doit déguerpir et s’en vouloir pour l’éternité. Adieu monde cruel, je les comprends ceux qui n’ont pas supporté. Combien de brimades encore à subir, de leçons à entendre, pour quoi, pour rien, pour se taire, exécuter toujours, cacher les larmes, enfouir la rage, la raison en sanglots, des sévices vers soi pour oublier, se cambrer et mourir. On y sera, sous 10 ans, 30 ans. Je ne vois rien d’autre devant, l’époque s’incarne en de sombres lendemains. Ils en profiteront, les amoureux du royaume, les aristo’ du boulot. Qu’ils se disent anar’ ou poètes ils sont créatifs en monarchie du billet de banque. L’ego d’une hygiène irréprochable, à convaincre tant d’amis, jusque dans le vice d’aimer être dur, un caractère en triomphe, et le calme de silences raffinés pour mieux enlacer. Il est beau ce monde, en mythe de lui même, consternant de beautés nées de l’immonde masqué !

Désesp’ errence

Comme une boule de feu, sans l’envie de se faire marcher dessus constamment. A y retourner dès lundi. Esclave de notre temps, perdu dans l’immensité de la subordination. Le coeur assoiffé de vengeance au pire, de justice au mieux. A chialer, taper sur les murs, se péter le fémur, graviter sans lendemain, riche de sa haine, et pauvre de ses peurs. Ecorché vif, à faire son larbin jusqu’au bout de sa vie. Disparaître comme un chien. Pourchassé par l’oubli. Dramatique destin, funeste respiration illisible. La rage au ventre, à s’arracher les cheveux et combler le vide. Ils ne s’intéressent qu’à la réussite. Le pedigree sur les lèvres cadenassées, à ne plus pouvoir exulter sincèrement, sauf à tricher encore et encore.